SAINT-PÈRE, église Saint-Pierre : Différence entre versions

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{{Sources historiques
 
{{Sources historiques
|sources_indirectes=Petit V., 1882, « Description des villes et campagnes du département de l’Yonne », Auxerre, p. 323.  
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|sources_indirectes=Petit V., 1882, « Description des villes et campagnes du département de l’Yonne », Auxerre, p. 323.  
  
Bruand Y., 1959, « L’église de Saint-Père-sous-Vézelay », ''Congrès archéologique de France'', Auxerre, 1958, Paris, p. 251-264.
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Bruand Y., 1959, « L’église de Saint-Père-sous-Vézelay », in ''Congrès archéologique de France, Auxerre, 1958'', Paris, p. 251-264.
|sources_archives=Archives départementales de la Saône-et-Loire : 2G 11.
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|sources_archives=Archives départementales de la Saône-et-Loire : 2 G 11.
|sources_archeologiques=Sapin C., 2002, ''Document final de synthèses sur les recherches archéologiques menées en 2001-2002 sur l’ancienne église Saint-Pierre de Saint-Père'', Dijon/SRA Bourgogne.
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|sources_archeologiques=Sapin C., 2002, ''Document final de synthèses sur les recherches archéologiques menées en 2001-2002 sur l’ancienne église Saint-Pierre de Saint-Père'', Dijon, SRA Bourgogne.
  
Sapin C., 2006, ''Saint-Père (Yonne), Rapport d’études archéologiques 2004-2005'', Dijon/SRA Bourgogne et Centre d’Études Médiévales d’Auxerre (CEM) d’Auxerre.
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Sapin C., 2006, ''Saint-Père (Yonne), rapport d’études archéologiques 2004-2005'', Dijon, SRA Bourgogne et Centre d'études médiévales Saint-Germain (Auxerre).
|bibliographie=Pissier A., 1902, « Notice historique de sur Saint-Père-sous-Vézelay », ''Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne'', 56, p. 134-176 et 275-368.
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|bibliographie=Pissier A., 1902, « Notice historique sur Saint-Père-sous-Vézelay », ''Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne'', 56, p. 134-176 et 275-368.
  
Louis R., 1946-1947, ''Girart, comte de Vienne (…819-877) et ses fondations monastiques'', Auxerre, t. I p. 63 n. 1, 90, 99, 122 n. 3, 142, t. II, Ière partie 375, 376, IIème 193, 194, 197, 200, et n. 1, 203, 207, 209, 210, 213, 218-220, 224, 226, 232.
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Louis R., 1946-1947, ''Girart, comte de Vienne (…819-877) et ses fondations monastiques'', Auxerre, t. 1, p. 63 (n. 1), 90, 99, 122 (n. 3) et 142 ; t. 2/1re partie, p. 375-376 ; t. 2/2e partie, p. 193-194, 197, 200 et notes 1, 203, 207, 209, 210, 213, 218-220, 224, 226 et 232.
  
Lacroix abbé, 1962-1963, « Le village de Saint-Père-sous-Vézelay dans l’Antiquité », ''séries d’articles parus dans l’Écho d’Auxerre''.
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Lacroix abbé, 1962-1963, « Le village de Saint-Père-sous-Vézelay dans l’Antiquité », séries d’articles parus dans l’''Écho d’Auxerre''.
  
Leroy-Specht S., Louis R., 1975, « L’ancienne église Saint-Pierre à Saint-Père-sous-Vézelay », ''Archéologia'', 85, p. 8-12.
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Leroy-Specht S. et Louis R., 1975, « L’ancienne église Saint-Pierre à Saint-Père-sous-Vézelay », ''Archéologia'', 85, p. 8-12.
  
Delor J.-P. dir.), 2002, ''Carte archéologique de la Gaule, L’Yonne, 89/2'', notice 364 (P. Nouvel), p. 604-613.
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Delor J.-P. (dir.), 2002, ''Carte archéologique de la Gaule, 89/2 (l’Yonne)'', p. 604-613 (notice 364).
  
Sapin C., 2004-2005, « Saint-Père (Yonne), l’ancienne église Saint-Pierre », ''Bulletin du Centre d’Études Médiévales d’Auxerre'', Auxerre, p. 41-42.
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Sapin C., 2004-2005, « Saint-Père (Yonne), l’ancienne église Saint-Pierre », ''Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre'', p. 41-42.
|conservation=Depuis son incendie au XVIe siècle, l’église fut transformée en cimetière et seuls les murs en élévation furent conservés. C’est aujourd’hui un site archéologique non aménagé.
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|conservation=Depuis son incendie au XVIe siècle, l’église est transformée en cimetière et seuls les murs en élévation sont conservés. C’est aujourd’hui un site archéologique non aménagé.
 
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{{Contexte
 
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|description=L’ancienne église Saint-Pierre est à 100 m de l’église paroissiale actuelle Notre-Dame du XIIIe siècle qui se trouve au cœur du village.
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|description=L’ancienne église Saint-Pierre est à 100 m de l’église paroissiale actuelle Notre-Dame du XIIIe siècle, qui se trouve au cœur du village.
|structures_anterieures=Des sépultures antérieures à l’installation d’un sarcophage mérovingien et la présence de mobilier résiduel antique témoignent d’une occupation précoce du site. Un sol de ''terrazzo'' composé de nombreux fragments de mortiers de tuileaux résiduels indique que le secteur du chevet avait été également occupé à l’époque antique ou tardo-antique, c'est-à-dire entre le Ier et IVe siècle, comme l’atteste la céramique.
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|structures_anterieures=Des sépultures antérieures à l’installation d’un sarcophage mérovingien et la présence de mobilier résiduel antique témoignent d’une occupation précoce du site. Un sol de ''terrazzo'', composé de nombreux fragments de mortiers de tuileaux résiduels, indique que le secteur du chevet avait été également occupé à l’époque antique ou tardo-antique, c'est-à-dire entre le Ier et IVe siècle, comme l’atteste la céramique.
|habitat_contemporain=Les éléments de construction peuvent correspondre à l’une des églises du monastère qui s’est installé dans une agglomération antique importante si l’on en juge par les nombreux vestiges retrouvés ; on ne connait pas cependant l’habitat contemporain des églises ou des sépultures du haut Moyen Âge. Des structures ont été trouvées en décembre 2004 au sud de l’église Saint-Pierre. Si leur plan a pu être relevé, aucune indication chronologique n’a pu être fournie et on ne peut envisager pour l’instant comme l’imaginait l’abbé Lacroix, la présence des bâtiments du monastère dans cette zone.
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|habitat_contemporain=Les éléments de construction peuvent correspondre à l’une des églises du monastère, qui s’est installé dans une agglomération antique importante, si l’on en juge par les nombreux vestiges retrouvés. On ne connait cependant pas l’habitat contemporain des églises ou des sépultures du haut Moyen Âge. Des structures ont été trouvées en décembre 2004 au sud de l’église Saint-Pierre. Si leur plan a pu être relevé, aucune indication chronologique n’a pu être fournie et on ne peut envisager pour l’instant, comme l’imaginait l’abbé Lacroix, la présence des bâtiments du monastère dans cette zone.
 
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{{Informations générales
|description=Plusieurs auteurs ont émis l’hypothèse que le monastère primitif de Vézelay avait été édifié à cet endroit au moment de sa fondation en 860. C’est ce même monastère Saint-Pierre qui par la suite s’est déplacé sur les hauteurs du site actuel de Vézelay, lors des menaces normandes de 887, où il prendra plus tard le nom de La Madeleine.  
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|description=Plusieurs auteurs ont émis l’hypothèse que le monastère primitif de Vézelay avait été édifié à cet endroit au moment de sa fondation en 860. C’est ce même monastère Saint-Pierre, qui, par la suite, s’est déplacé sur les hauteurs du site actuel de Vézelay, lors des menaces normandes de 887, où il prendra plus tard le nom de La Madeleine.  
 
Les premières recherches en 1965-1967 ont mis au jour un sarcophage mérovingien attestant une occupation du haut Moyen Âge dans ce secteur. Les campagnes de fouilles ont repris entre 2001 et 2005 sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Pierre.
 
Les premières recherches en 1965-1967 ont mis au jour un sarcophage mérovingien attestant une occupation du haut Moyen Âge dans ce secteur. Les campagnes de fouilles ont repris entre 2001 et 2005 sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Pierre.
 
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|etat=I
|parties=Deux murs, l’un à l’Est et l’autre à l’Ouest positionnés nord/sud appartiennent à un bâtiment de grande dimension sans pour autant pouvoir déterminer sa fonction initiale.
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|parties=Deux murs, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, positionnés nord-sud appartiennent à un bâtiment de grande dimension, sans pour autant pouvoir déterminer sa fonction initiale.
|maconnerie=Dans le secteur ouest, a été retrouvé la fondation d’un grand mur orienté nord-sud d’un peu plus d’un 1 m d’épaisseur. À l’Est au niveau de l’ouverture de l’abside, c’est également un mur de même orientation qui a été découvert. Il est moins épais (0,80 m), mais possède un mortier de chaux beige jaunâtre à granulat siliceux et un liant de chaux identique.
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|maconnerie=Dans le secteur ouest, a été retrouvé la fondation d’un grand mur orienté nord-sud d’un peu plus d’un 1 m d’épaisseur. À l’est, au niveau de l’ouverture de l’abside, c’est également un mur de même orientation qui a été découvert. Il est moins épais (0,80 m), mais possède un mortier de chaux beige jaunâtre à granulat siliceux et un liant de chaux identique.
 
|sol=Un sol de cailloutis et mortier pourrait apparaître comme un sol intérieur, toutefois il faut rester prudent car la surface trouvée est relativement limitée.
 
|sol=Un sol de cailloutis et mortier pourrait apparaître comme un sol intérieur, toutefois il faut rester prudent car la surface trouvée est relativement limitée.
 
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|emplacement=La cuve de la sépulture 03-22 prise sous le mur gouttereaux sud attestent avec d’autres sépultures (03-23, 04-16 et 04-17) d’un horizon funéraire postérieur au premier état et antérieur à la construction en élévation. En outre, de nombreux fragments de sarcophages datés pour les plus anciens de la fin du Ve-VIe siècles (Groupe A) confirment cet horizon.
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|emplacement=La cuve de la sépulture 03-22 prise sous le mur gouttereau sud atteste, avec d’autres sépultures (03-23, 04-16 et 04-17), d’un horizon funéraire postérieur au premier état et antérieur à la construction en élévation. En outre, de nombreux fragments de sarcophages, datés pour les plus anciens de la fin du Ve siècle-début VIe siècle (groupe A), confirment cet horizon.
|structure=À partir des nombreux fragments retrouvés, on retiendra la présence de sarcophages de calcaire appartenant majoritairement au groupe D (VIIe-VIIIe siècles) selon la typologie établie pour Saint-Germain d’Auxerre) et une faible proportion pour le groupe A, ainsi que pour le groupe G (Grès).
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|structure=À partir des nombreux fragments retrouvés, on retiendra la présence de sarcophages de calcaire appartenant majoritairement au groupe D (VIIe-VIIIe siècles) selon la typologie établie pour Saint-Germain d’Auxerre) et une faible proportion pour le groupe A, ainsi que pour le groupe G (grès).
Il existe également des coffrages de bois que suggéraient les indices taphonomiques des traces ligneuse et des négatifs.
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Il existe également des coffrages de bois que suggéraient les indices taphonomiques, des traces ligneuses et des négatifs.
 
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|etat=III
|parties=À l’ouest, ont été retrouvés deux maçonneries s’appuyant contre le grand mur antérieur nord-sud. Ces maçonneries constituent un socle pour l’élévation d’un petit massif occidental dont subsiste encore en partie la porte d’accès à l’église. Grâce aux photographies du début du XXe siècle ont peut réaliser que ce massif possédait un étage avec des ouvertures appropriées.
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|parties=À l’ouest, ont été retrouvés deux maçonneries s’appuyant contre le grand mur antérieur nord-sud. Ces maçonneries constituent un socle pour l’élévation d’un petit massif occidental, dont subsiste encore en partie la porte d’accès à l’église. Grâce aux photographies du début du XXe siècle, on peut réaliser que ce massif possédait un étage avec des ouvertures appropriées.
|maconnerie=Une partie des maçonneries conservées en élévation est constituée de moellons plus ou moins équarris et de forme allongée, et également de petits blocs bien taillés récupérés d’une construction antique.
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|maconnerie=Une partie des maçonneries conservées en élévation est constituée de moellons, plus ou moins équarris et de forme allongée, et également de petits blocs bien taillés récupérés d’une construction antique.
|emplacement=Deux sépultures (ou parties de sépultures) ont été retrouvées au centre du dispositif constitué par les deux grandes maçonneries orientées est/ouest, c'est-à-dire au centre du petit massif occidental dans l’axe de la porte.
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|emplacement=Deux sépultures (ou parties de sépultures) ont été retrouvées au centre du dispositif, constitué par les deux grandes maçonneries orientées est-ouest, c'est-à-dire au centre du petit massif occidental dans l’axe de la porte.
|structure=Ces deux sépultures étaient constituées de blocs de pierres dressées sur champ de forme plus ou moins ovalaire, environ 0,50 m de longueur.
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|structure=Ces deux sépultures étaient constituées de blocs de pierres dressées sur champ, de forme plus ou moins ovalaire, d'environ 0,50 m de longueur.
 
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|parties=Cet état correspond à l’établissement d’une nef unique et d’un nouveau chevet. Ce dernier est constitué d’une abside semi-circulaire inscrite dans un massif quadrangulaire.  
 
|parties=Cet état correspond à l’établissement d’une nef unique et d’un nouveau chevet. Ce dernier est constitué d’une abside semi-circulaire inscrite dans un massif quadrangulaire.  
 
L’édifice devait mesurer environ 24,54 m de long intérieur et environ 7,44 m de largeur.
 
L’édifice devait mesurer environ 24,54 m de long intérieur et environ 7,44 m de largeur.
|maconnerie=Le mur sud comporte les vestiges d’au moins trois grandes baies (sur quatre d’origine), de grande largeur (1,45 m de moyenne) et une porte au premier tiers de la nef. La porte au linteau droit s’inscrit avec un arc constitué de claveaux irréguliers tandis que les baies sont parfaitement appareillées aussi bien pour les claveaux très réguliers que pour les pieds droits en moyen appareil. La même qualité de construction se retrouve dans l’abside dont subsistent les départs du grand arc triomphal, la corniche moulurée au départ du voûtement et les deux lunettes latérales surmontant les étroites parties latérales de la travée droite. La large baie centrale (2,74 m) reprise à l’époque gothique conserve les négatifs de base de colonnes qui s’inscrivaient dans ces pieds droits.  
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|maconnerie=Le mur sud comporte les vestiges d’au moins trois grandes baies (sur quatre d’origine), de grande largeur (1,45 m de moyenne) et une porte au premier tiers de la nef. La porte au linteau droit s’inscrit avec un arc constitué de claveaux irréguliers, tandis que les baies sont parfaitement appareillées aussi bien pour les claveaux très réguliers que pour les pieds droits en moyen appareil. La même qualité de construction se retrouve dans l’abside, dont subsistent les départs du grand arc triomphal, la corniche moulurée au départ du voûtement et les deux lunettes latérales surmontant les étroites parties latérales de la travée droite. La large baie centrale (2,74 m), reprise à l’époque gothique, conserve les négatifs de base de colonnes qui s’inscrivaient dans ces pieds droits.  
On observe des réemplois de cuve de sarcophage dans les parties en moyen appareil. Les mortiers de chaux sont apparemment homogènes, très résistants avec des joints lissés pour les appareils taillés. Parmi, les cinq états d’enduit relevés seul le premier antérieur à la reprise de la grande baie centrale pourrait appartenir à l’état IV.
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On observe des réemplois de cuve de sarcophage dans les parties en moyen appareil. Les mortiers de chaux sont apparemment homogènes, très résistants, avec des joints lissés pour les appareils taillés. Parmi les cinq états d’enduit relevés, seul le premier antérieur à la reprise de la grande baie centrale pourrait appartenir à l’état IV.
 
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{{Objets dispersés
 
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|chronologie=État I : Ve siècle ou plus probablement VIe siècle
 
|chronologie=État I : Ve siècle ou plus probablement VIe siècle
  
Les deux murs comportant le même mortier devaient appartenir soit à un bâtiment de grande dimension ou à un enclos, soit plus vraisemblablement à deux bâtiments différents à l’ouest et à l’est. La datation est donnée par le charbon de bois. Les premières sépultures datées du haut Moyen Âge (postérieures aux vestiges antiques et antérieures car sous le massif occidental) devaient s’appuyer contre le grand mur nord-sud.
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Les deux murs comportant le même mortier devaient appartenir soit à un bâtiment de grande dimension ou à un enclos, soit plus vraisemblablement à deux bâtiments différents à l’ouest et à l’est. La datation est donnée par le charbon de bois. Les premières sépultures datées du haut Moyen Âge (postérieures aux vestiges antiques et antérieures, car sous le massif occidental) devaient s’appuyer contre le grand mur nord-sud.
Cet état pourrait alors être mis en relation avec la donation des terres de Vézelay sous l’évêque Aunaire.  
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Cet état pourrait alors être mis en relation avec la donation des terres de Vézelay sous l’évêque Aunaire.
  
État II : Entre VIe et VIIIe siècle
 
  
Il s’agit de la poursuite de l’occupation funéraire en liaison ( ?) avec la première structure ; les datations sont données par les types de sarcophages, le mobilier funéraire ( agrafe) et une datation C14 pour une sépulture (03-23 : 691-892)
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État II : entre le VIe et le VIIIe siècle
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Il s’agit de la poursuite de l’occupation funéraire en liaison (?) avec la première structure. Les datations sont données par les types de sarcophages, le mobilier funéraire (agrafe) et une datation C14 pour une sépulture (03-23 : 691-892).
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État III : IX-Xe siècle
 
État III : IX-Xe siècle
  
Première reconstruction des parties occidentale (massif et peut être des reprises de maçonneries en fondation à l’est. La datation est estimée à partir de la chronologie relative et du type de maçonnerie. Elle reste à être précisée et pourrait remonter au IXe siècle à l’époque de la fondation du monastère.  
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Première reconstruction des parties occidentales (massif et peut être des reprises de maçonneries en fondation à l’est). La datation est estimée à partir de la chronologie relative et du type de maçonnerie. Elle reste à préciser et pourrait remonter au IXe siècle, à l’époque de la fondation du monastère.  
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État IV :  Première moitié du XIe siècle
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État IV :  première moitié du XIe siècle
  
Cet état correspond à la reconstruction du mur sud et du chevet. La datation a pu être effectuée grâce à la typologie des baies (parallèle avec Châtel-Censoir), des mises en œuvre et des blocs taillés et traces d’outils.
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Cet état correspond à la reconstruction du mur sud et du chevet. La datation a pu être effectuée grâce à la typologie des baies (parallèle avec Châtel-Censoir), des mises en œuvre, des blocs taillés et des traces d’outils.
 
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Version du 12 juin 2012 à 10:35

Données

Topographie

Chargement de la carte...
Pays <tag property="Topographie[pays]" value="FRANCE">FRANCE</tag>
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Adresse/Lieu-dit Rue de l’abbé Pissier
Toponyme
Propriétaire
Protection de l'édifice
Références cartographiques
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Sources historiques et identification

Sources indirectes

Petit V., 1882, « Description des villes et campagnes du département de l’Yonne », Auxerre, p. 323.

Bruand Y., 1959, « L’église de Saint-Père-sous-Vézelay », in Congrès archéologique de France, Auxerre, 1958, Paris, p. 251-264.

Sources archéologiques

Sapin C., 2002, Document final de synthèses sur les recherches archéologiques menées en 2001-2002 sur l’ancienne église Saint-Pierre de Saint-Père, Dijon, SRA Bourgogne.

Sapin C., 2006, Saint-Père (Yonne), rapport d’études archéologiques 2004-2005, Dijon, SRA Bourgogne et Centre d'études médiévales Saint-Germain (Auxerre).

Sources d'archives

Archives départementales de la Saône-et-Loire : 2 G 11.

Sources Bibliographie

Pissier A., 1902, « Notice historique sur Saint-Père-sous-Vézelay », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne, 56, p. 134-176 et 275-368.

Louis R., 1946-1947, Girart, comte de Vienne (…819-877) et ses fondations monastiques, Auxerre, t. 1, p. 63 (n. 1), 90, 99, 122 (n. 3) et 142 ; t. 2/1re partie, p. 375-376 ; t. 2/2e partie, p. 193-194, 197, 200 et notes 1, 203, 207, 209, 210, 213, 218-220, 224, 226 et 232.

Lacroix abbé, 1962-1963, « Le village de Saint-Père-sous-Vézelay dans l’Antiquité », séries d’articles parus dans l’Écho d’Auxerre.

Leroy-Specht S. et Louis R., 1975, « L’ancienne église Saint-Pierre à Saint-Père-sous-Vézelay », Archéologia, 85, p. 8-12.

Delor J.-P. (dir.), 2002, Carte archéologique de la Gaule, 89/2 (l’Yonne), p. 604-613 (notice 364).

Sapin C., 2004-2005, « Saint-Père (Yonne), l’ancienne église Saint-Pierre », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, p. 41-42.

Conservation

Depuis son incendie au XVIe siècle, l’église est transformée en cimetière et seuls les murs en élévation sont conservés. C’est aujourd’hui un site archéologique non aménagé.

Titulature historique

Saint-Pierre

Diocèse actuel

Auxerre

Diocèse historique

Autun


Contexte d’implantation

Description

L’ancienne église Saint-Pierre est à 100 m de l’église paroissiale actuelle Notre-Dame du XIIIe siècle, qui se trouve au cœur du village.

Structures antérieures

Des sépultures antérieures à l’installation d’un sarcophage mérovingien et la présence de mobilier résiduel antique témoignent d’une occupation précoce du site. Un sol de terrazzo, composé de nombreux fragments de mortiers de tuileaux résiduels, indique que le secteur du chevet avait été également occupé à l’époque antique ou tardo-antique, c'est-à-dire entre le Ier et IVe siècle, comme l’atteste la céramique.

Habitat contemporain

Les éléments de construction peuvent correspondre à l’une des églises du monastère, qui s’est installé dans une agglomération antique importante, si l’on en juge par les nombreux vestiges retrouvés. On ne connait cependant pas l’habitat contemporain des églises ou des sépultures du haut Moyen Âge. Des structures ont été trouvées en décembre 2004 au sud de l’église Saint-Pierre. Si leur plan a pu être relevé, aucune indication chronologique n’a pu être fournie et on ne peut envisager pour l’instant, comme l’imaginait l’abbé Lacroix, la présence des bâtiments du monastère dans cette zone.


Fonction

Bâtiment

<tag property="Fonction[batiment]" value="Église">Église</tag>

Description

Monastique


Informations générales

Description [[Image:{{{PlanGeneral}}}|thumb|right|border|135px|Évolution du plan]]

Plusieurs auteurs ont émis l’hypothèse que le monastère primitif de Vézelay avait été édifié à cet endroit au moment de sa fondation en 860. C’est ce même monastère Saint-Pierre, qui, par la suite, s’est déplacé sur les hauteurs du site actuel de Vézelay, lors des menaces normandes de 887, où il prendra plus tard le nom de La Madeleine. Les premières recherches en 1965-1967 ont mis au jour un sarcophage mérovingien attestant une occupation du haut Moyen Âge dans ce secteur. Les campagnes de fouilles ont repris entre 2001 et 2005 sur l’emplacement de l’ancienne église Saint-Pierre.

SAINT-PÈRE, église Saint-Pierre (Galerie d'images)|


Articulation en états

Etat I

Etat I
EmptyData.png Architecture

EmptyData.png

Parties

Deux murs, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, positionnés nord-sud appartiennent à un bâtiment de grande dimension, sans pour autant pouvoir déterminer sa fonction initiale.

Matériaux et techniques de construction

EmptyData.png

Maçonnerie

Dans le secteur ouest, a été retrouvé la fondation d’un grand mur orienté nord-sud d’un peu plus d’un 1 m d’épaisseur. À l’est, au niveau de l’ouverture de l’abside, c’est également un mur de même orientation qui a été découvert. Il est moins épais (0,80 m), mais possède un mortier de chaux beige jaunâtre à granulat siliceux et un liant de chaux identique.

Sol

Un sol de cailloutis et mortier pourrait apparaître comme un sol intérieur, toutefois il faut rester prudent car la surface trouvée est relativement limitée. EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png

Installations liturgiques

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Sépultures

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Inscriptions

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Etat II

Etat II
EmptyData.png Architecture

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Matériaux et techniques de construction

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Installations liturgiques

EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png

Sépultures

Emplacement

La cuve de la sépulture 03-22 prise sous le mur gouttereau sud atteste, avec d’autres sépultures (03-23, 04-16 et 04-17), d’un horizon funéraire postérieur au premier état et antérieur à la construction en élévation. En outre, de nombreux fragments de sarcophages, datés pour les plus anciens de la fin du Ve siècle-début VIe siècle (groupe A), confirment cet horizon.

Structure

À partir des nombreux fragments retrouvés, on retiendra la présence de sarcophages de calcaire appartenant majoritairement au groupe D (VIIe-VIIIe siècles) selon la typologie établie pour Saint-Germain d’Auxerre) et une faible proportion pour le groupe A, ainsi que pour le groupe G (grès). Il existe également des coffrages de bois que suggéraient les indices taphonomiques, des traces ligneuses et des négatifs.

Inscriptions

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Etat III

Etat III
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Parties

À l’ouest, ont été retrouvés deux maçonneries s’appuyant contre le grand mur antérieur nord-sud. Ces maçonneries constituent un socle pour l’élévation d’un petit massif occidental, dont subsiste encore en partie la porte d’accès à l’église. Grâce aux photographies du début du XXe siècle, on peut réaliser que ce massif possédait un étage avec des ouvertures appropriées.

Matériaux et techniques de construction

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Maçonnerie

Une partie des maçonneries conservées en élévation est constituée de moellons, plus ou moins équarris et de forme allongée, et également de petits blocs bien taillés récupérés d’une construction antique. EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png

Installations liturgiques

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Sépultures

Emplacement

Deux sépultures (ou parties de sépultures) ont été retrouvées au centre du dispositif, constitué par les deux grandes maçonneries orientées est-ouest, c'est-à-dire au centre du petit massif occidental dans l’axe de la porte.

Structure

Ces deux sépultures étaient constituées de blocs de pierres dressées sur champ, de forme plus ou moins ovalaire, d'environ 0,50 m de longueur.

Inscriptions

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Etat IV

Etat IV
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Parties

Cet état correspond à l’établissement d’une nef unique et d’un nouveau chevet. Ce dernier est constitué d’une abside semi-circulaire inscrite dans un massif quadrangulaire. L’édifice devait mesurer environ 24,54 m de long intérieur et environ 7,44 m de largeur.

Matériaux et techniques de construction

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Maçonnerie

Le mur sud comporte les vestiges d’au moins trois grandes baies (sur quatre d’origine), de grande largeur (1,45 m de moyenne) et une porte au premier tiers de la nef. La porte au linteau droit s’inscrit avec un arc constitué de claveaux irréguliers, tandis que les baies sont parfaitement appareillées aussi bien pour les claveaux très réguliers que pour les pieds droits en moyen appareil. La même qualité de construction se retrouve dans l’abside, dont subsistent les départs du grand arc triomphal, la corniche moulurée au départ du voûtement et les deux lunettes latérales surmontant les étroites parties latérales de la travée droite. La large baie centrale (2,74 m), reprise à l’époque gothique, conserve les négatifs de base de colonnes qui s’inscrivaient dans ces pieds droits. On observe des réemplois de cuve de sarcophage dans les parties en moyen appareil. Les mortiers de chaux sont apparemment homogènes, très résistants, avec des joints lissés pour les appareils taillés. Parmi les cinq états d’enduit relevés, seul le premier antérieur à la reprise de la grande baie centrale pourrait appartenir à l’état IV. EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png EmptyData.png

Installations liturgiques

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Sépultures

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Inscriptions

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Objets dispersés non rattachables à l'architecture de l'église

Liste des objets

Deux fragments de plaque de chancel à décor « entrelacs » ont été trouvés en réemplois et appartiennent au type bien connu pour l’époque carolingienne.


Considérations critiques sur les états et sur la chronologie

Chronologie

État I : Ve siècle ou plus probablement VIe siècle

Les deux murs comportant le même mortier devaient appartenir soit à un bâtiment de grande dimension ou à un enclos, soit plus vraisemblablement à deux bâtiments différents à l’ouest et à l’est. La datation est donnée par le charbon de bois. Les premières sépultures datées du haut Moyen Âge (postérieures aux vestiges antiques et antérieures, car sous le massif occidental) devaient s’appuyer contre le grand mur nord-sud. Cet état pourrait alors être mis en relation avec la donation des terres de Vézelay sous l’évêque Aunaire.


État II : entre le VIe et le VIIIe siècle

Il s’agit de la poursuite de l’occupation funéraire en liaison (?) avec la première structure. Les datations sont données par les types de sarcophages, le mobilier funéraire (agrafe) et une datation C14 pour une sépulture (03-23 : 691-892).


État III : IX-Xe siècle

Première reconstruction des parties occidentales (massif et peut être des reprises de maçonneries en fondation à l’est). La datation est estimée à partir de la chronologie relative et du type de maçonnerie. Elle reste à préciser et pourrait remonter au IXe siècle, à l’époque de la fondation du monastère.


État IV : première moitié du XIe siècle

Cet état correspond à la reconstruction du mur sud et du chevet. La datation a pu être effectuée grâce à la typologie des baies (parallèle avec Châtel-Censoir), des mises en œuvre, des blocs taillés et des traces d’outils.




Informations sur la publication

Date juin 7, 2011
Auteur Csapin Fiche personnelle
Statut de la fiche 3. En cours de relecture
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