MOULIS-EN-MEDOC, église Saint-Saturnin

De Care

Données

Topographie

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Pays FRANCEFermer
Région AquitaineFermer
Département GirondeFermer
Commune Moulis-en-MédocFermer
Insee
Adresse/Lieu-dit Le Bourg
Toponyme
Propriétaire commune
Protection de l'édifice classée MH liste de 1846

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=33297&NUMBER=3&GRP=0&REQ=%28%2833297%29%20%3aINSEE%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

Références cartographiques carte IGN
Numéro parcellaire sur le Cadastre actuel 1194, section B05 (13/01/2010)
Latitude 45.059147
Longitude -0.770909
Altitude 20

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Sources historiques et identification

Sources epigraphiques

aucune

Sources indirectes

Première mention de l'église Saint-Saturnin en 1268 (recognitiones feodorum, n°35) (à compléter)

Sources archéologiques

1993 : diagnostic (J.-B. Bertrand Desbrunais, SRA Aquitaine)

Septembre 1993 : fouille de sauvetage, M.-N. Nacfer (AFAN). Mise au jour des vestiges de l'église du haut Moyen Age, principale source de connaissance de l'édifice.

1994 : surveillance de travaux, A. Métois (AFAN)

1996 : surveillance de travaux, M.-N. Nacfer (AFAN)

mai 2005 : diagnostic, rue de la Fontaine, à 30 m au sud-est de l'église, I. Kerouanton (INRAP). Occupation du haut Moyen Age peu dense.

octobre 2006 : diagnostic au même endroit, M. Rime (INRAP).

Sources d'archives

1268, recognitiones feodorum, n°35 (à compléter)

1342 et 1344 : réconciliations du cimetière (Comptes de l'archevêché, Archives historiques de la Gironde, t. XXI, p. 98 et p. 116)

XVIe siècle : chef-lieu d'archiprêtré, "archipresbyter de Moulins" (Baureins, 1876, t. I, p. 343 d'après un pouillé du XVIe siècle)

Sources Bibliographie

BAUREIN Abbé, Variétés bordeloises, Bordeaux, 1876, t. I, p. 343-349, t. II, p. 30-35.

BRUTAILS J.-A., « A quelle école appartient l’architecture religieuse girondine », Revue historique de Bordeaux et du département de la Gironde, I, 1908, p. 5-21.

BRUTAILS J.-A., Etude archéologique sur les églises de la Gironde, Bordeaux, 1912, p. 74-76 et fig. 87-89.

CASSAGNE B., La formation et l’évolution du tissu paroissial des landes et graves du Bordelais (IVe-XIVe siècles), Bordeaux, TER, 1983.

COQUILLAS D., Les rivages de l’estuaire de la Gironde du Néolithique au Moyen Age, Thèse de doctorat, Bordeaux, 2001.

DUBOURG-NOVES P., Guyenne romane, Zodiaque, La Pierre-qui-Vire, 1970, p. 29-30.

DURAND M., « Église de Moulis », Comptes rendus des travaux de la commission des monuments et documents historiques du département de la Gironde, X, 1849, p. 11.

FARAVEL S., « Bilan des recherches sur les origines de la paroisse en Aquitaine (IVe-Xe siècle) », dans C. Delaplace (dir.), Aux origines de la paroisse rurale en Gaule méridionale (IVe-IXe siècles), Paris, 2005, p. 150-158.

GALY-ACHÉ C., « Archiprêtré de Saint-Saturnin de Moulis – Saturninus de Moliis au XIIIe siècle », Les Cahiers Méduliens, XIII, 1973, p. 123-130.

KEROUANTON I., Moulis, rapport de diagnostic route de la Fontaine, Bordeaux, 2005.

NACFER M.-N., Moulis, « l’église », DFS de sauvetage urgent, Bordeaux, SRA Aquitaine, 1993.

NACFER M. N., « Moulis-en-Médoc. Eglise Saint-Saturnin », BSR Aquitaine, 3, 1993, p. 53-54.

NACFER M. N., « Moulis. Eglise Saint-Saturnin », Société archéologique de Bordeaux, LXXXV, 1994, p. 27.

NACFER M. N., « Moulis. L’église », BSR Aquitaine, 6, 1996, p. 66.

NACFER M.-N., « Moulis. L’église », Société archéologique de Bordeaux, LXXXVII, 1996, p. 21-22.

MÉTOIS A., « Moulis. Eglise Saint-Saturnin », BSR Aquitaine, 4, 1994, p. 58.

MÉTOIS A., « Moulis. Eglise Saint-Saturnin », Société Archéologique de Bordeaux, LXXXV, 1994, p. 27.

RIME M., Moulis, rapport de diagnostic route de la Fontaine, Bordeaux, 2006.

SION H., Carte archéologique de la Gaule, La Gironde, Académie des Inscriptions et Belles lettres, Paris,1994, p. 143.

Références à la documentation graphique et photographique

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=INSEE&VALUE_1=33297

Conservation

Etat actuel : vestiges remblayés non visibles. église romane en élévation avec des reprises modernes et des restaurations récentes.

Titulature actuelle

Saint-Saturnin

Titulature historique

Saint-Saturnin (1268)

Diocèse actuel

Bordeaux

Diocèse historique

Bordeaux


Contexte d’implantation

Description

La commune de Moulis se trouve en haut Médoc, au sud de la presqu’île médocaine. L’édifice du haut Moyen Age a été découvert en 1993 sous l’église paroissiale actuelle, en grande partie romane, entourée par un cimetière paroissial jusqu’en 1901, puis transformé en place publique. L’église est située au sud de la route départementale 5 qui traverse le bourg d’ouest en est. Les maisons du bourg sont plutôt regroupées à l’est et au nord de l’église paroissiale.

Structures antérieures

Habitat (villa?) du Ier siècle. Plusieurs murs sont apparus sous l'église au nord-est et au sud-est en relation avec du mobilier céramique du Ier et IIe siècle. A mettre en relation avec les vestiges d'un balnéaire à 30 m au sud-est de l'église actuelle.

Habitat transformé aux IIIe-IVe siècles. Plusieurs murs mis au jour sous les murs du haut Moyen Age, au sud-est de l'église actuelle. Association avec des foyers, des niveaux d'occupation (mobilier céramique associé et trois monnaies de la fin du IIIe et du début du IVe siècle).

Habitat contemporain

L'église est au coeur du petit bourg actuel. Le cimetière paroissial l'entourait jusqu'au début du XXe siècle. Une tradition situe à proximité une voie antique reliant Bordeaux à Soulac mais aucun vestige ne vient étayer cette hypothèse.


Fonction

Bâtiment

EgliseFermer

Description

Aucune certitude pour la période du haut Moyen Age. On notera seulement la proximité (spatiale et chronologique) avec l'habitat antique. Eglise paroissiale à partir du XIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui.


Informations générales

Description [[Image:{{{PlanGeneral}}}|thumb|right|border|135px|Évolution du plan]]

Les vestiges de l’église antique tardive ont été mis au jour par M.-N. Nacfer en 1993 et se trouvent sous l’église paroissiale actuelle en grande partie romane. L’édifice roman, attribué au XIIe siècle présentait un plan à nef unique voûtée, pourvu d’un transept, et se terminant par un chevet tripartite avec une abside centrale plus profonde, précédée d’une travée droite. On note des reprises postérieures et d’importantes restaurations effectuées au XIXe siècle, en 1936 et plus récemment (1993-1996). On ne connaît de l’église primitive que la partie orientale du mur sud de la nef et l’abside principale. La nef a été dégagée sur une longueur de 9 mètres. Par symétrie, la largeur de la nef a été estimée à 4, 80 m dans œuvre. L’abside comporte une travée droite, de plan légèrement trapézoïdal, et se termine en hémicycle. Aucune ouverture et niveau de sol n’ont pu être restitués. Du point de vue architectural, un seul état a été identifié. En revanche, plusieurs sépultures plus récentes (jusqu’aux XIe-XIIe siècles) peuvent être associées à cette première église ce qui suggère une longue conservation de l’édifice jusqu’à sa reconstruction romane.

MOULIS-EN-MEDOC, église Saint-Saturnin (Galerie d'images)|


Articulation en états

Etat I

Etat I
EmptyData.png Architecture

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Parties

1. Nef unique

Église orientée. Les vestiges partiels mis au jour laissent supposer la restitution d’un plan à nef unique. La largeur de la nef a été estimée à 4,80 m dans œuvre. Seul le parement sud du mur sud de la nef a été dégagé ainsi que les fondations, on ne connait donc pas l'épaisseur des murs. Une seule assise en petit appareil est conservée. La partie occidentale est inconnue alors que l'épaulement avec l'abside est en partie conservée en fondation.

2. Abside

L’abside comporte un plan spécifique avec une travée droite de plan trapézoïdal (environ 2,50 m de long) et se termine par une abside semi-circulaire de 2 m de diamètre dans œuvre. L’épaisseur des murs (0,70 m) n’interdit pas de penser que cette partie de l’édifice était voûtée. La trop faible conservation des élévations ne permet plus de restituer des percements. On peut toutefois remarquer une variante dans l’appareil mural, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, au niveau du passage entre la travée droite et l’abside. En effet, le petit appareil de moellons utilisé pour les murs est interrompu par des pierres de taille formant une ligne verticale rappelant cette division. Là aussi, la trop faible conservation n’autorise plus aucune interprétation. Quelques tronçons du mur de l'abside et de la travée droite sont encore conservés sur 4 assises en élévation.

3. Annexe

La présence d’une anomalie au niveau des fondations de l’extrémité orientale du mur sud de la nef laisse peut-être supposer la présence d’une annexe ou d’un autre bâtiment sur lequel l’église est venue s’appuyer. En effet, les fondations forment l’angle d’un bâtiment ou d’une structure méridionale qui aurait disparu.

Matériaux et techniques de construction

Activité

Des déchets de taille des moellons ont été retrouvés dans le blocage interne des murs.

Maçonnerie

1 - Matériaux de construction

Moellons calcaires mais le matériau précis n’est pas indiqué, dégrossis ; quelques éléments en pierre de taille calcaire (nature exacte non précisée).

2 – Liant

Pour l’assise de l’élévation de la nef : mortier de chaux fin de couleur grise. Pour le mortier liant le blocage interne : mortier de chaux maigre sableux.

3 - Technique de construction des parements

Le parement sud du mur de la nef est conservé sur une seule assise. Il est constitué de petits moellons réguliers liés par un mortier de chaux. Un bloc de pierre de taille, plus important se trouve à l’extrémité occidentale du mur. D’après les photos, les assises sont assez régulières. Pour l’abside, utilisation du petit appareil régulier. A la jonction de la travée droite et de l’abside, présence d’un bloc de pierre de taille de la hauteur de trois assises.

4 - Blocage interne

Pour les murs de l’abside, blocs dégrossis, déchets de taille, fragments de tuiles, noyés dans mortier de chaux maigre très sableux.

5 - Fondations

Les fondations des murs sont homogènes et construites en tranchées étroites. Du blocage comportant des moellons est noyé dans un mortier de chaux ; les joints ne sont pas lissés et forment des bourrelets irréguliers. Les fondations de l’abside sont plus étroites à la base que celles de la nef.

6 – Enduit à la chaux (peint ou non), argile, etc.

Parement interne des murs de l’abside comportant des traces de mortier lissé de même nature que celui liant la construction.

Sol

Aucun élément du sol interne de l’édifice n’a été conservé car l’espace a été perturbé par une sépulture postérieure et une aire de gâchage du mortier à l’époque moderne. Il ne subsistait la stratigraphie interne de l’abside que sur une bande d’une quinzaine de centimètres de large le long des fondations mais aucun dispositif du sol d’origine n’a pu être observé. Seule une fine couche d’occupation riche en charbons de bois à l’intérieur de l’abside a été fouillée (US 1043), elle comportait un fragment de céramique estampée grise (assiette forme 1 ou 4, décor proche de Rigoir 904, datation proposée 2e ½ Ve et VIe siècle). EmptyData.png

Autres

Le parement externe de l’abside, côté sud, au niveau du passage avec la travée droite, présente une pierre de taille (longueur : 0, 35 m x 0, 30 m x 0, 10 m) de la hauteur de 3 assises de moellons qui pourrait correspondre à une « animation » murale avec peut-être une fonction spécifique ( ?). On retrouve la même disposition sur le parement interne du mur nord, avec des dimensions approchantes. EmptyData.png

Installations liturgiques

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Sépultures

Emplacement

Aucune sépulture n’est clairement associée à l’église de l'Antiquité tardive, au moment de sa construction.

Un fragment de cuve de sarcophage (S 11) a été mis au jour au nord sous l’église romane mais la sépulture n’est pas assez dégagée pour établir avec certitude sa typologie. Trois autres sarcophages auraient été dégagés à l’ouest par J.-B. Desbrunais (à voir) et d’autres seraient déposés le long du mur nord (à voir).

Deux autres sépultures sont associées par les auteurs de la fouille à l'église au cours du haut Moyen Age mais les indices de datations ne sont pas probants. La sépulture S9 se trouve dans l'abside et est orientée nord-sud : cette localisation est très spécifique et introduit un doute sur le fait qu'elle fonctionne avec l'église primitive. La sépulture S8 est située le long du mur sud.

Plusieurs autres sépultures en coffrages de pierre sont placées le long du flanc sud de l'église et en stratigraphie, elles sont antérieures à l'église romane (S4 et S6). Leur présence laisse à penser que l'église primitive a été en usage jusqu'au XIe-XIIe siècle.

Structure

- Un fragment de cuve de sarcophage et plusieurs cuves (à compléter) - Deux sépultures sans contenant visible (interprétées comme des sépultures en pleine terre par les auteurs de la fouille), S8 et S9

Inscriptions

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Considérations critiques sur les états et sur la chronologie

Chronologie

La datation de l’église primitive est établie par la chronologie relative de l’occupation du site et par celle du mobilier retrouvé.

Datation post quem. — La construction de l’abside a nécessité la destruction de plusieurs murs appartenant à l’habitat antique antérieur. Cet habitat est daté par le mobilier céramique et plusieurs monnaies de la fin du IIIe et du début du IVe siècle. Ces structures d’habitat sont bien représentées dans les sondages situés au sud de l’église. Il n’y a pas de couche de remblai entre les couches d’occupation de l’habitat et celles de l’église.

Datation ante quem. — La position de certaines sépultures indique que l’église primitive semble avoir été conservée en élévation sur une longue durée. Le coffrage S9, d’après sa typologie et les indices stratigraphiques, fonctionnerait avec l’élévation de l’église primitive. En revanche, la sépulture S10, dont l’extrémité du coffre est conservé, a peut-être été établie après sa destruction même si les indices manquent de clarté. Les XIe ou XIIe siècles semblent donc correspondre à une phase de transition correspondant à la construction de l’église romane, datée approximativement d’un point de vue stylistique, du XIIe siècle (à affiner). D’un point de vue stratigraphique, il n’y a pas non plus de couches d’abandon avant la construction romane qui reprend certains alignements de murs notamment le mur sud de la nef.

Datation ad quem. — La construction de l’église primitive se place donc, du point de vue stratigraphique et en tenant compte de la chronologie relative, pendant l'Antiquité tardive. Elle fonctionne ensuite pendant tout le haut Moyen Age jusqu'aux XIe-XIIe siècles. La présence de céramique grise estampée dans les unités stratigraphiques en relation avec la construction de l’église permet d’affiner cette fourchette. En effet, plusieurs tessons de céramiques estampées (Ve-VIe siècle) ont été recueillis dans la tranchée de fondation de l’abside et dans une mince couche d’occupation cendreuse mise au jour à l’intérieur de l’abside. Ces indices suggèrent que l’église a été construite pendant l’Antiquité tardive, entre la fin du IVe siècle et la fin du VIe siècle, voire le début du VIIe siècle.

Interprétation

La fouille partielle de l’édifice ne laisse pas beaucoup de latitude quant à l’interprétation de la fonction de cette église. On tiendra compte de dimensions relativement modestes et surtout de sa construction sur un site d’habitat antique, lui aussi assez mal connu. On pourra aussi s’étonner de l’absence (sauf si les sarcophages s’avèrent mérovingiens ?) de sépultures contemporaines de la construction.

Parmi les interprétations proposées par les fouilleurs, nous reviendrons sur celle qui voit dans l’annexe sud des vestiges d’un ancien mausolée car aucun indice dans le rapport ne permet de l’avancer (à vérifier auprès de M. N. Nacfer). De même, la datation de certaines sépultures n’est pas très clairement établie.

Comparaisons

Le plan de l’église est très proche de celui de l’église du Pian-Médoc, située à une vingtaine de kilomètres de Moulis. L’église comprend aussi une nef unique et un chevet avec une travée droite se terminant par une abside semi-circulaire mais les dimensions de celle du Pian-Médoc sont sensiblement supérieures.



http://fr.wikipedia.org/wiki/Moulis-en-M%C3%A9doc


Informations sur la publication

Date février 19, 2010
Auteur Icartron Fiche personnelle
Statut de la fiche 5. Fiche validée
Qualité de la fiche Fiable